En ce jour grave, Adesca lance son cri de message au regard du monde, à plus de conscience.
Cri de
douleur, cri d’espoir
Longtemps, ayant porté le fardeau de la honte,
Et de l’humiliation,
Dans ta chair fouettée et par le sang de tes
enfants,
Homme noir, tu courbais l’échine endolorie
Pour protéger la survie des tiens,
Sans pouvoir leur épargner ta souffrance,
Qui nourrit de ta sève leur résistance
Plusieurs fois centenaire,
De 800 ans, du 11è au 19è siècle.
162 ans que tu es libre,
semble-t-il !
Ah ! Libre des chaines de ton corps,
Qui ne fut que bête de somme,
Pour construire la richesse de ses maîtres.
Libre, l’es-tu vraiment ?
Libre de ces préjugés sociaux,
Qui font de toi l’être « corvéable à
merci »,
Simple, naïf, secondaire,
Dont on ne
peut pas tirer grand chose,
Sauf la sueur de ses efforts,
Mais qui fait amuser la galerie,
Qui fait valoir la bonne conscience du maître.
Libre, de quelle
liberté ?
Liberté soumise, confisquée,
Liberté emprisonnée, enchainée
Liberté sans nom, sans droit.
Homme noir, arrache ta
liberté.
Tu es l’espoir, à
présent,
Des peuples opprimés,
Partout où la dignité humaine est menacée,
Combats pour que triomphe la justice,
Crie, encore plus fort, avec les autres,
Dénonce l’hypocrisie du nanti
Face à la misère du démuni,
Soutiens la Femme, mère de l’humanité,
Lorsqu’elle subit la violence,
Et le déni de sa condition humaine.
Porte l’enfant qui croupit sous le poids
De l’ignorance, la misère et l’exclusion.
Homme noir, sois la
porte de la liberté !
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